Programme 2020

Première partie : César FRANCK


César Franck (1822-1890), enfant précoce, débute ses études musicales au conservatoire royal de Liège en 1831. En 1835, sa famille s’installe à Paris ; il entre au Conservatoire de Paris en octobre 1837.
Dix ans plus tard, il commence sa carrière d’organiste à Notre-Dame-de-Lorette puis à Saint-Jean-Saint-François du Marais. En 1857 il est titulaire du nouvel orgue Cavaillé-Coll de Sainte-Clotilde.
Dans les années 1870, il se consacre davantage à la composition et produit une riche série d’œuvres qui comprend des oratorios, des symphonies, des pièces pour orgue…
En 1872, il s’intéresse à la pédagogie et reprend la classe d’orgue et d’improvisation du Conservatoire de Paris ; il aura une grande influence sur la nouvelle génération de compositeurs, notamment dans le domaine de la forme.

Tantum ergo (1858) pour baryton solo, chœur mixte et orgue. (3’)
Servant aux saluts du Saint Sacrement, cette œuvre est touchante par sa simplicité et sa profondeur.

Quare fremuerunt gentes (1871) offertoire pour la fête de Sainte Clotilde, pour baryton solo, chœur mixte et orgue. (4’50)
Tout est ici contraste, vie et courage ; de la violence à l’apaisement, de Clovis à Clotilde, ce psaume transcende l’appel de l’humain au divin.
« Pourquoi ce tumulte parmi les nations et ces vaines pensées parmi les peuples? Voici que les Nations se sont coalisées contre nous. Ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ auront à souffrir la persécution. L’homme doit vivre sur terre comme un soldat. Celui qui lutte dans la bataille ne sera couronné que s’il a bien combattu. Sois courageux pour défendre le Seigneur. Tu recevras une couronne de justice comme un bon soldat du Christ.
Fille de l’homme, tu es bénie sur la terre. Sois fort pour le combat du Seigneur. Tu es bénie par le Seigneur. Car par toi nous avons reçu la participation au fruit de la vie. Sainte Clotilde prie pour nous. »

Extraits des Sept paroles du Christ (1859) oratorio pour baryton solo, chœur mixte et orgue.
De Schütz à Haydn en passant par Gounod ou Tristan Murail, Les Sept paroles du Christ en croix ont souvent inspiré les compositeurs. En 1859, Franck en propose une version qui, semble-t-il, n’a jamais été exécutée de son vivant. Il faudra attendre plus de cent ans pour qu’elle voie le jour. C’est une œuvre qui surprend car, si le drame y est absolu, elle montre une facette moins connue de la personnalité de César Franck. Loin de son image de compositeur séraphique, il déploie ici une œuvre très exubérante et
contrastée.
Parole 4. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Supplique devant une souffrance suprême, une solitude extrême. (3’20)
Parole 5. « J’ai soif […] ils m’ont donné du poison à manger, et pour boire, de l’eau vinaigrée lorsque j’avais soif. »
Dialogue poignant entre Jésus agonisant et le peuple vindicatif et arrogant répondant : « Si tu es le Roi des Juifs, alors, sauve-toi toi-même ! » (7’40)


Deuxième partie : Requiem op.48 de Gabriel FAURÉ


Gabriel Fauré (1845-1924) est né à Pamiers en Ariège. En octobre 1854, après avoir obtenu une bourse, il entre à l’École de musique classique et religieuse de Paris, communément appelée École Niedermeyer. En 1871, il participe à la création de la Société Nationale de Musique avec César Franck, Camille Saint-Saëns, Jules Massenet, Henri Duparc… Le 21 janvier 1893, une première version de son Requiem est donnée à l’église de la Madeleine (il ne sera finalisé dans son orchestration qu’en 1900), et le 26 octobre, pour les obsèques de Charles Gounod, il dirige la maîtrise alors que Saint-Saëns tient le grand orgue.


Requiem op.48 pour baryton et soprano solo, chœur mixte et orgue. (40’)
« Mon Requiem […] on a dit qu’il n’exprimait pas l’effroi de la mort, quelqu’un l’a appelé une berceuse de la mort. Mais c’est ainsi que je sens la mort : comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux […] Peut-être ai-je aussi, d’instinct, cherché à sortir du convenu, voilà si longtemps que j’accompagne à l’orgue des services d’enterrement ! J’en ai par-dessus la tête. J’ai voulu faire autre chose. »


Gabriel Fauré à Louis Aguettant


C’est ainsi que l’on peut entendre cette œuvre: plus solennelle que tragique, plus expressive que pathétique.

  • Introït et Kyrie
  • Offertoire
  • Sanctus
  • Pie Jesu
  • Agnus Dei
  • Libera me
  • In paradisum

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